L'Aigle jacobin

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L’Union « européenne » d'aujourd’hui : une menace pour les États-nations

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La réalité historique de l’alliance entre les gaullistes et les jacobins ayant été démontrée par le précédent texte, Histoire de l’européisme, je propose à mes lecteurs un texte du même auteur. Ce dernier vise les trois enjeux actuels qui traduisent le plus, semble-t-il, la pertinence du clivage entre fédéralistes et défenseurs des nations. Lesdits enjeux sont les suivants : l'euro, le traité transatlantique et la politique frontalière « européenne ». À chaque fois, je m'efforcerai de prouver que nous, les jacobins, sommes toujours d'accord avec nos amis gaullo-bonapartistes pour défendre à la fois l'indépendance de notre chère France et une vision généreuse de l'Europe, sous-tendue par une réelle amitié entre les peuples, fiers de leur identité propre.

 

 

 

L’euro, monnaie inique

 

 

Comme je l’avais déjà précédemment mentionné, la monnaie « européenne » a été instaurée par le traité de Maastricht. Elle n’a toutefois commencé à circuler que dix ans plus tard. De nombreuses personnes ont déjà brillamment critiqué l’euro, il ne s’agit donc ici que de rappeler les principaux griefs que l’on peut lui adresser.

 

L’euro, à l’instar des autres initiatives prétendument européennes depuis les années 1950, vise, on l’aura compris, à mettre un place un fédéralisme autoritaire et destructeur, pour l’Europe des nations que nous appelons de nos vœux, car elle est le seul rempart contre le grand capital. La monnaie est l’outil régalien par excellence. Philippe le Bel l’avait déjà parfaitement compris puisqu’il se livrait à de multiples manipulations sur la valeur de la monnaie. Le réel problème de l’euro, c’est qu’il est sous la dépendance de la banque centrale « européenne ». Cette dernière est totalement irresponsable car elle ne dépend d’aucun gouvernement. Il est donc parfaitement impossible, pour un gouvernement national, de dévaluer sa monnaie afin de l’adapter à son économie. Quoiqu’en disent les fédéralistes, chaque pays de la zone euro a son économie propre. L’économie de la France n’est pas celle de l’Allemagne. En outre, en raison de la cherté de l’euro, par rapport aux autres devises qui peuvent, elles, être dévaluées, nos exportations ont beaucoup souffert.

 

Aujourd’hui, le décalage entre les besoins de notre économie réelle et l’euro nous fait perdre chaque jour davantage d’emplois. Jean-Pierre Chevènement, dès Maastricht, avait critiqué cette idée de monnaie unique, ou plutôt inique, en qualifiant l’euro de « bismarck », un euro étant équivalent à deux marks. L’hégémonie allemande sur la zone euro était ainsi mise en évidence. Celui qui a dit non, au tournant libéral de 1983, proposait l’instauration d’une monnaie commune, c’est-à-dire, d’une monnaie résultant d’une péréquation entre monnaies nationales qui seraient elles-mêmes maintenues en circulation dans leur pays respectif. Chaque État aurait ainsi pu ajuster sa monnaie aux réalités de son économie, tout en participant à l’élaboration d’une devise concurrençant véritablement le dollar.

 

L’euro est une menace car il nous place en situation de faiblesse vis-à-vis des États-Unis qui, eux, peuvent dévaluer le dollar à leur guise. Néanmoins, ce péril n’est pas le seul car l’Europe sera bientôt le cinquante-et-unième État des États-Unis, à cause du traité transatlantique si nous ne nous mobilisons pas.

 

 

Le partenariat transatlantique ou le cauchemar américain

 

Le « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement », dont on ne sait pas encore quand il rentrera en application, a pour but fusionner les États-Unis et l’U.E. pour former la plus grande zone de libre-échange du monde.

 

Une nouvelle fois, ce projet est porteur d’un fédéralisme, que je n’hésiterai pas à qualifier de « nationicide », mais aussi d’un libéralisme économique, qui ne l’est pas moins, car ce sont bien les lois du marché qui régiront ce nouvel espace et elles seules.

 

Ce marché commun transatlantique est, en vérité, une arme aux mains des grandes firmes mondialisées désirant en finir avec les États-nations westphaliens. Si ces entreprises jugent que les politiques nationales, auxquelles elles sont en théorie soumises, entravent leur activité économique, elles pourront désormais, avec ce traité, assigner les nations en justice. Ainsi, l’intérêt particulier d’un acteur économique primera désormais, de manière légale, sur l’intérêt général d’une patrie comme la France. En conséquence, j’estime que c’est un devoir sacré, pour nous, les républicains des deux rives, que de nous opposer à une telle infamie.

 

Avec ce projet, le libéralisme n’aura plus aucun frein puisque des secteurs pourtant non-marchands comme l’éducation, y seront dorénavant soumis. L’éducation, ou plutôt l’instruction nationale que nous connaissons, sera progressivement démantelée au profit d’un système à deux vitesses. D’un côté, les élites auront accès à une instruction d’excellence, soumise à la spéculation capitaliste et de l’autre, le Peuple devra se contenter d’un système public extrêmement insuffisant et lacunaire, comme c’est déjà le cas outre-Atlantique.

 

Nous autres, Français, sommes particulièrement visés par ce partenariat car il aura un impact sur notre patrimoine gastronomique. Au-delà de la catastrophe économique qu’un tel projet pourrait engendrer, c’est donc bel et bien une négation des cultures nationales qui est, à terme, envisagée. Si notre gastronomie, mondialement réputée, est en danger avec le partenariat transatlantique, c’est parce que des pratiques jusqu’ici interdites seront autorisées en Europe. Nous, Français, qui depuis Henri IV mangeons de la poule au pot, nous devrions donc accepter d’ingurgiter du poulet au chlore américain. Il n’en n’est bien entendu pas question, car sans sa gastronomie, la France ne serait plus la France !

 

Puisqu’il n’y a aucun honneur dans la capitulation, la seule issue possible est donc de refuser ce traité avec la détermination la plus absolue. Cependant, la seule échelle pertinente pour combattre ce funeste projet est celle de la Nation puisqu’elle est la seule, à mon sens, à être en capacité de lutter contre le capitalisme apatride. Ce dernier est d’autant plus apatride qu’il se joue des frontières nationales.

 

 

La confiscation de la politique frontalière des pays membres par l’U.E. ou comment effacer les frontières nationales

 

À l’heure actuelle, la conception unioniste de l’Europe est, plus que jamais, mise à mal par l’orientation fédéraliste, à l’œuvre, nous l’avons vu, depuis les années 1950. Cette volonté de déposséder les nations de leur pouvoir s’applique également aux politiques frontalières. Quand on y réfléchit bien, quel moyen plus efficace pour affaiblir les patries que de s’attaquer directement à leurs frontières ?

 

Ainsi, depuis Schengen (1995) et Amsterdam (1999), les États-nations westphaliens ont légué la responsabilité de leurs frontières à la commission « européenne ». Cette dernière a mis en place une préférence communautaire pour les marchandises mais en réalité, cette préférence s’applique aussi aux personnes. En effet, un étranger issu d’un pays de l’U.E. peut, non seulement voter, mais également se présenter aux élections municipales, tandis qu’un étranger non-communautaire n’a bien entendu pas ce droit.

 

Est-il normal que la France accorde un traitement de faveur à certains étrangers, sous prétexte qu’ils sont issus du même continent ? Certainement pas : en quoi un Letton serait-il plus Français qu’un Algérien ? Pour participer à la vie politique d’une nation, même si ce n’est qu’à l’échelon local, il est nécessaire d’appartenir à la communauté de destins qu’elle constitue. Sinon, comment pourrait-on en comprendre ses intérêts ?

 

Jean-Pierre Chevènement refuse, avec raison, le droit de vote de tous les étrangers au motif que seul un citoyen peut décider de l’avenir de sa patrie. Celui qui souhaite voter et donc influencer les destinées de la France doit devenir Français, quel patriote sincère pourrait sérieusement contester cela ? En réalité, cette mesure, qui peut sembler généreuse de prime abord, ne vise qu’à affaiblir, encore un peu plus, les nations, ennemies irréductibles de l’Europe fédérale.

 

Il faut retrouver la maîtrise de nos frontières pour une raison simple : comme le disait Pierre Mendès France, un afflux massif de chômeurs dans un État ne peut que tirer les salaires à la baisse, satisfaisant ainsi les intérêts du capitalisme apatride. C’est bien à cela qu’on assiste aujourd’hui avec la directive concernant les travailleurs détachés. Il est de notre devoir de républicains que de mettre un terme à l’immigration de travail et aux régularisations qui lui sont associées. Elles ne contribuent qu’à faire de ces infortunés immigrés des sous-citoyens serviables et corvéables à merci, comme l’étaient les serfs du Moyen-Âge. En revanche, faciliter les naturalisations est tout aussi indispensable car elles sont les seules motrices de l’assimilation républicaine. Nous pourrons ainsi permettre, n’en déplaise aux oligarques de Bruxelles, à ceux qui aiment passionnément la France de servir son idéal universaliste de concorde entre les peuples.

 

Se déclarer en faveur de la régularisation des sans-papiers, c’est à la fois bafouer le droit de l’homme le plus sacré : celui de pouvoir vivre décemment dans son pays natal et être un allié du grand capital, toujours désireux de main-d’œuvre bon marché. Ce n’est qu’avec une Europe des nations que nous pourrons permettre aux nations africaines, mais aussi à celles d’Europe de l’est, d’améliorer substantiellement leur niveau de vie. Les nations européennes, rassemblées, pourront ainsi dénoncer les subventions de la commission « européenne » qui ont pour effet de baisser artificiellement les coûts des produits européens pour les mettre au même prix que les produits locaux. À long terme, une telle politique est contre nos intérêts puisque, fort logiquement, n’ayant pas de quoi vivre décemment chez eux, faute d’agriculture et d’industrie viables, les ressortissants de ces pays viendront immanquablement chez nous.

 

La limitation des flux migratoires de travail passe donc par une nécessaire amitié entre les peuples. C’est pour cet internationalisme bien compris que nous devons œuvrer, nous les républicains des deux-rives. Les nations d’Afrique du nord, avec lesquelles nous avons des liens privilégiés, devraient être au centre d’une alliance méditerranéenne comportant certaines nations européennes et notamment la France.

 

 

Charles-Louis Schulmeister,
le  23 floréal, de l’an CCXXVII de la République française

 

 



12/05/2019
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